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Bon.
Ca y est, cette fois j'y suis. Je parle de LA destination. La ou j'ai l'intention de trouver un squat, un job... le tout en 2 mois et en anglais... Stupid I.
Je rencontre 2 francais a mon arrivee a Galway, comme c'etait prevu. Ce que je n'avais pas prevu, c'est d'avoir le moral a zero a force d'entendre que les squats sont + chers que ce que je crois et que pour trouver un job, _si on a un peu de chance_, il faut 2 pieces d'identite (ok), une carte ou un telephone irlandais, sinon les embaucheurs ne rappellent pas, un compte en banque en irlande, c'est l'ideal!... Je reve.
Non, je cauchemarde...
Journee tres dure, dont j'ai envie de retenir ceci:
Quand je serai grande, je voudrais une moquette comme celle du pays d'Irlande! Verte fluo, claire, foncee... a perte de vue, partout toute moltonnee, tant qu'on a envie de se rouler dedans, ca f'rait meme pas mal!... Et des petits murs en pierre, partout, plein, a l'infini aussi comme la moquette, pour jouer a cache-cache, se courrir apres et faire des labyrinthes.
Et des moutons... pour jouer a saute-mouton avec eux et puis faire un damier et jouer aux echecs avec les moutons blancs puis noirs...
Ouai, ca s'rait cool!
Je vais aller dormir tot... en esperant ne pas etre malade... encore... nooon, j'ai pas a me plaindre, non!
Ben si.
Le temps qu'il fait, en Irlande, il est comme les humains... C'est tout et n'importe quoi, ca peut changer d'une seconde a l'autre!... La meteo en Irlande, c'est comme une boite de chocolat...
Quand il y a gris ou pluie ou quelque chose comme ca, c'est comme le ciel de mon pays a moi : le pays "plat". Et quand il y a soleil, par contre, c'est le soleil de la montagne, qui ebloui, qui brule presque si on se croit trop a l'abris.
Ceux qui vivent ici doivent etre capables d'etre tres tres forts... projection, quand tu nous tiens... C'est quoi etre fort, en fait?...
Une dame d'une quarantaine d'annees mais qui faisait penser a une mamie, a remarque que j'etais malade dans le bus qui nous amenait a Galway. J'avais le choix entre prendre ce bus, meme a 2 doigts de v - - - r et tenir bon jusque Galway, ou rester a Dublin, pour un temps inconnu, avec mes gros sacs lourds, le vent froid et nulle part ou aller sans encore depenser 10 euros...
J'ai choisi le bus.
2 heures de terreur. Non, je ne pese pas mes mots... a quoi bon. La dame s'assied a cote de moi. _C'est marrant, etant une des 1eres dans le bus, je voyais les gens dans la file d'attente pour grimper et quand j'ai vu cette dame, je me souviens, je me suis dit : "J'aimerais bien que ce soit elle qui s'assied a cote de moi..."_ Elle me demande si je vais bien , je lui reponds que je me sens malade et que je ne sais pas quoi faire. Elle est allee verifier s'il y avait des toillettes... niet. Elle a demande au chauffeur... toujours niet. Mais je me sentais protegee avec cette gentille dame a cote de moi. Elle me laissait tranquille _ je pouvais a peine parler, remuer la tete d'un millimetre et les routes d'Irlande etant connues pour leur... etat de delabrement avance... je luttais constamment_.
Au bout de 2 heures _sur 5 au total, comprenant un bouchon de 40 minutes pendant lesquelles je me suis dit que le destin se foutait d'ma gueule!_, me sentant a peine mieux, j'entendis la dame me demander si ca allait. Je choisi de lui repondre que oui. Et je commencais, effectivement, a voir le bout de cette galere-la.
Merci beaucoup petite madame qui avez ete si gentille avec moi. Tout a l'heure, je vous ai dit que moi non-plus je ne savais pas que je pouvais voyager seule... avant de le faire. La maintenant, vous me manquez un peu et je ne sais plus si je vais avoir la force de rester ici, loin de mon Amour, avec des difficultes... differentes, juste parce qu'elles sont ailleurs...
Je vais apprecier ce que j'ai, aimer encore mieux ce/ceux que j'aime, et ce sera tout naturel.
Peut-etre ne devais-je "passer par ici" que pour me rendre compte que chez moi, c'est vraiment chouette.
Perdues, loin, loin, loin les certitudes et la confiance, ce soir...
On verra demain.
Rémy...T'aime.
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