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Après 4 ans de croisade, de conquête de moi, voici venu le temps de la retraite. Après avoir traversé des conflits parfois + vieux que moi, vécus des sentiments dont je n’imaginais pas l’existence, après m’être perdue, avoir désespéré, y avoir cru, après m’être trompée, être tombée, m’être relevée, après avoir tant imaginé que je ne valais rien, je crois enfin que je vaux ce que je suis.
Ce voyage en Irlande, c’est à moi. C’est mon voyage, mon choix, mon désir & mon accomplissement. C’est comme le dernier acte d’un voyage initiatique.
& le plus beau dans tout çà, c’est qu’à présent je me fiche du jugement que le monde peut émettre des mots que je viens d’écrire. Ce sont les miens. S’ils plaisent au monde, c’est bien. S’ils déplaisent, çà l’est également. Fi. Basta.
J’entame à ce jour la dernière ligne peut-être pas droite d’un travail qui m’a mené à moi. & de la manière dont elle s’est faite, c’est la plus belle rencontre que je continue de vivre : la mienne ; parce qu’elle s’est faite avec ce monde-là justement, celui dans lequel je vis.
Il y a eu des chutes, des espoirs, des illusions, à l’inverse des retrouvailles ou des trouvailles, de l’épanouissement. Aujourd’hui il y a toujours de l’espoir, mais celui-ci est ancré, + réaliste, planté dans la terre. J’ai dis parfois que plus rien ne pouvait me choquer, mais que je serai toujours capable d’être émerveillée. Alors je reviens sur la 1ère moitié de cette sentence. Oui, certains êtres humains me choquent, par maints aspects de leur comportement. La façon dont nous sommes capables de détruire ce à quoi nous donnons vie me choque. Toujours. Mais l’impact de cette violence ressentie n’est plus le même sur moi. je ne suis plus responsable de toute la misère du monde.
Cela peut sembler « bateau » de dire çà, il est évident que je ne suis ni le centre du monde, ni sa seule rédemptrice. Mais que celui qui n’a pas accompli le chemin que j’ai fait pour moi me jette une pierre, la 1ère ou la suivante, peu importe & je serai forcée de rire. « A chaudes larmes ».
Je fais la découverte, au fur & à mesure, de l’impact _positif celui-ci_ de mon départ pour + de 2 mois en Irlande. Ce pays-là est un prétexte, mais c’est le mien, il importe donc. C’est un prétexte à me ficher la paix en confiance, à vivre l’incertitude non-inquiète, cette fameuse entrée dorée que je me suis enfin rendue accessible.
Que ferai-je ensuite ? Bien c’est l’ensuite justement, je n’en suis pas encore là & cela viendra en temps & en heure. Car se projeter dans l’avenir, dans quelle mesure est-ce possible ? Dans la mesure du possible, justement. C’est ce possible-là qui a posé problème autrefois & créé mon angoisse. Ne pas savoir !… Ne pas savoir. Aujourd’hui je sais : je sais que je ne sais pas tout & le sentiment d’inconfort, d’insécurité même, qui accompagnait avant cette impression de doute & de danger s’amenuise. Il laisse place à la liberté de ne pas savoir, une liberté précieuse au goût de vrai.
Ceux que j’aime, mon entourage de tout le temps & de moins souvent, j’y songerai chaque jour. Mais pendant un peu + de 2 mois, comptant sur moi-même, travaillant à continuer de ressentir & conserver ma toute nouvelle confiance, je les « obligerai » à ne pas pouvoir compter sur moi. Il ne s’agit ici d’accuser personne, je veux être claire ; cette partie du travail a commencé en présence & se continuera ainsi : la partie douloureuse qui consiste à naître au monde dans toute sa diversité, à y trouver sa propre place, se la construire avec l’ignoble sensation d’être seule… j’en passe.
Je me permets, maintenant, de ne pas être disponible tout le temps, pour tout le monde, en m’enlevant de la tête l’idée que c’est comme cela que çà doit être, ou bien « je suis mauvaise ». Je n’abandonne personne, c’est bien quelque chose de l’inverse qui a toutes les chances de se produire. Il est question de respect. Non, çà n’est pas un gros mot, c’est juste un mot bazardé aujourd’hui à tout va & dont on a quelque peu perdu le sens originel.
« Aide-toi le ciel t’aidera », par exemple. Cela ne veut pas dire : « prends soin de toi & ne prends pas soin des autres », mais plutôt : « Commence à t’aider toi-même pour pouvoir mieux aider ton prochain » Voilà. Voilà quelque chose qui me choque encore aujourd’hui & qui ne cessera de me révolter : la tendance individualiste de mes contemporains. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas dupe d’une prétendue indépendance recherchée par ce moyen nombriliste & froussard, parce que tourner autour de son nombril n’est pas un signe de maturité, parce que partir 2 mois en Irlande, dans le cas qui est le mien, çà ne signifie pas ne penser qu’à moi & plus aux autres ; c’est l’achèvement d’une partie de ma vie, c’est la concrétisation de quelque chose dont je rêve, c’est un bonheur, c’est le mien. & si je n’accomplissais pas cela, qui en ferait les frais ? Tout mon entourage, moi-même y compris.
Cessons donc de tout confondre pour sauver nos mises, ne pas admettre nos propres erreurs, ne pas écouter nos besoins à chacun de nous. & çà n’est pas parce que nous sommes tous différents & que nos besoins le sont aussi de fait, que nous ne pouvons pas nous accorder.
Nous avons tous une façon différente de nous ressembler.
Ce qui ne changera pas en moi, même après ces 4 années de travail qui, j’en suis consciente, ne signent pas mon « autorisation d’arrêter les efforts », c’est mon énergie, ma foi, ma grande gueule, ma sincérité, ma réactivité, ma créativité. Il semble que je me batte, oui. Ce qui change & fait toute la différence, c’est que je ne me bats plus contre, mais pour.
Chacun son credo, moi je ne la fermerai jamais.
Ceci pour ma pomme & celles de ceux que j’aime.
La paix, çà n’est pas l’absence de malheurs, l’évitement des colères, des « raz-de-marée » & autres traces de vie que l’on impute facilement à ce qui n’est pas nous. Çà n’est pas l’euphorie, la crédulité, le sourire figé ou une nuit infinie. Cela ressemble + à un gros sac de voyage chargé d’autant de vêtements & accessoires que de vécu dans chacune de ses couleurs.
Alors à l’aventure petit Jedi ! Aussi « petite » soit-elle pour les uns ou les autres, elle sera belle !
Merci Anne-Marie.
After 4 years of crusade, of conquest of me, here came time to retire. After crossing conflicts sometimes older than me, experienced feelings that I did not know existed, after having lost, having desperate, having hoped, after having misled, having raised, after both imagined I could do anything worth, I think that I finally worth what I am.
This trip to Ireland, it's up to me. This is my journey, my choice, my desire & my accomplishment. It's like the last act of an initiatory journey.
& The best in everything here is that now I don’t care about judgement that the world can make on words that I have written. These are mine. If they appeal to the world it’s good. If they dislike, that’s fine too. Fi. Basta.
I begin to date, the last line, perhaps not right instead, a work that led me to me. & The way it was done, it is the most beautiful encounters that I continue to live: my own, because she was with this world precisely, the one in which I live.
There were falls, hopes, illusions, reunions or finds, development. Today there is still hope, but it is rooted, more realistic, planted in the ground. I sometimes said that nothing could shock me, but that I will always be able to be amazed. Then I go back to the 1st half of this award. Yes, some people offend me, for many aspects of their behaviour. The way we are capable of destroying what we give life angers me. Always. But the impact of this violence is no longer felt the same about me. I am no longer responsible for all the misery of the world.
This may seem "boat" to say here, it is clear that I am neither the center of the world, nor its only redeeming. But that whoever failed to perform the way that I am done for me throw a stone, the 1st or the next, no matter & I will be forced to laugh. "Hot tears."
I make the discovery, gradually, of the impact _positive_ of my departure for more than 2 months in Ireland. This country is there an excuse, but it's mine, it is therefore important. It is an excuse for me file peace in confidence, to live uncertainty not worried, the famous golden entry that I finally made accessible to me.
What will I go from here? Although it is precisely then, I am not there yet & it will in time & time. Coz look into the future, to what extent is this possible? To the extent possible, precisely. It is possible that there has been a problem once & created my anxiety. Do not know!… Do not know. Today I know: I know that I do not know everything & feeling of discomfort, even insecurity, which accompanied this impression of doubt & danger is shrinking. It leaves room for the freedom of not knowing, a precious freedom with a taste of true.
Those whom I love, my family all the time & less often, I’ll think to them every day. But for a little more than 2 months, counting on myself, working to continue to keep my experience & any new confidence, "I’ll oblige" them to not count on me. This is not to accuse anyone here, I want to be clear; that part of the work started in the presence & will continue as follows: part painful that is to be born to the world in all its diversity, to find its own place, will be built with the ignoble feeling of being alone… so forth.
Allow me, now, not to be available all the time, for everyone, forgeting the idea that “this is how to be here”, or: "I am wrong." I abandon nobody, something like the opposite will certainly occur. It is a matter of respect. No, it's not a dirty word, it's just a word swinging today all goes & which has been slightly lost its original meaning.
"Help yourself to run," for example. This is not to say: 'take care of you & do not take care of others, "but rather:" Begins to help yourself have to be able to better help your neighbor "There. This is something that angers me today & that will not stop to revolt me: the individualistic tendency of my contemporaries. Why? Because I am not dupe of an alleged independence sought by this means egocentric and fearful, because turning around his navel is not a sign of maturity, because from 2 months in Ireland, in the case which is mine, here is not thinking only of myself & other more, but the completion of a part of my life, it's the realization of something that I dream, it is happiness, it is mine. & If I don’t do this, who would bear the cost? All my environment, myself included.
Let us stop all confused to save our bets, not to admit our own mistakes, not to listen to our needs. & Here is not because we are all different & that our needs are also in effect, that we can not give.
We all have a different way of resembling one another.
This will not change in me, even after these 4 years of work, which I am aware, do not sign my permission "to stop the efforts," it is my energy, my faith, my mouth, my sincerity, my reaction, my creativity. It seems that I have been fighting, yes. What changes & makes all the difference is that I am not against more bats, but for.
Everyone's credo, I will always say.
This is for my apple & ones of those I love.
Peace is not the absence of misery, avoidance of anger, "tsunami" & other signs of life that it easily attributed to what is not us. That is not euphoria, credulity, a frozen smile or an endless night. It looks more like a large travel bag filled with all necessary clothing, accessories and with lived in each of its colors.
So let’s go little Jedi! Also “small” as it may be for one or the other, it will be beautiful!
Thanks Anne-Marie.
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